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20.04.2007

Guide à l’usage des jeunes électeurs indécis - par actenses. Que prévoient les candidats en matière de pouvoir d’achat et de logement ?

actenses compare les propositions phares des principaux candidats à l’élection présidentielle, sur des thèmes qui touchent plus particulièrement notre génération. L’objectif : vous aider à vous décider en toute connaissance de cause ! Quatrième thème : le pouvoir d’achat et le logement.


1er constat : les candidats font tous le même constat : le pouvoir d’achat des ménages n’est pas au rendez-vous !

Si les candidats s’accordent pour placer le pouvoir d’achat au cœur de leurs priorités, les propositions reflètent sur ce point le traditionnel clivage entre la gauche et la droite. La seule mesure commune est l’organisation d’une conférence salariale dès l’été prochain (sur l’égalité salariale à l’UMP et l’UDF, sur les salaires, les revenus et la croissance de manière plus large à gauche).

Chacun des candidats se revendique être le candidat, ou la candidate du pouvoir d’achat. En revanche, les mesures destinées à améliorer spécifiquement la situation financière des jeunes semblent au mieux inefficaces, au pire quasi inexistantes. En effet, le soutien au pouvoir d’achat proposé par l’ensemble des partis politiques passe par le travail : or d’une part de nombreux jeunes ne sont pas actifs mais étudiants, et, d’autre part, les jeunes actifs sont très fortement touchés par le chômage. Du même coup, seul le PCF semble apporter une réponse – mais vague – à un problème pourtant spécifique aux jeunes : l’accès aux minima sociaux et aux revenus de remplacement.

On peut se consoler néanmoins avec la volonté commune de revalorisation des bourses scolaires (voir nos analyses sur l’éducation lundi 16 avril).

En résumé :

A droite, on utilise l’outil fiscal, sans proposer de mesures spécifiquement dédiées aux jeunes :

Si le FN souhaite largement baisser la pression fiscale (IR, ISF, droits patrimoniaux, IS) sur les ménages, la question du pouvoir d’achat des jeunes n’est pas évoquée par son candidat ;

Nicolas Sarkozy a un slogan : « travailler plus pour gagner plus », et l’exonération des heures supplémentaires de charges sociales et d’impôts, la promesse de baisse d’impôts devraient soutenir, d’après l’UMP, le pouvoir d’achat. Sa proposition de défiscaliser les revenus pendant les études s’adresse aujourd’hui à une cible très restreinte.

François Bayrou souhaite de même utiliser l’outil fiscal, avec une prime de 35% sur les heures supplémentaires, mais souhaite aussi que les salariés puissent augmenter leur part dans la distribution des bénéfices ;

A gauche, on agit sur les salaires et les revenus de remplacement, mais seules quelques mesures semble spécifiquement dédiée aux jeunes (dont l’allocation d’autonomie, largement proposée) :

Ségolène Royal souhaite combattre « la vie chère » par un SMIC à 1500 euros dès que possible, la création d’un Revenu de Solidarité Active, et la revalorisation les aides sociales, notamment pour les jeunes avec le doublement de l’Allocation de Rentrée Scolaire. L’autre mesure dédiée aux jeunes est l’allocation d’autonomie ;

Marie-George Buffet se distingue par des allocations jeunes différenciées selon la situation de chaque bénéficiaire : formation, 1er emploi et retour à l’emploi. Ces mesures, qui semblent témoigner d’une vision plus fine de la situation des jeunes, manquent néanmoins cruellement de détails. Par ailleurs, elle souhaite accroître le SMIC à 1500€ dès l’été 2007, les minima sociaux de 300€, et revaloriser de 10% la grille indiciaire dans la fonction publique ;

Dominique Voynet désire stopper la précarité en revalorisant de 50% en 5 ans les minima sociaux, rémunérer les temps partiels à au moins 2/3 du SMIC. Pour les jeunes, elle propose aussi une allocation d’autonomie, cumulable avec une bourse, couplée avec un revenu minimal pour les stages ;

Olivier Besancenot, et dans le même ordre d’idée Arlette Laguiller, proposent un SMIC à 1500 euros net et tout de suite, plus une hausse de 300 euros net immédiate pour tous les salaires, et une allocation spécifique pour les jeunes.

2ème constat : les candidats n’ont pas la même vision de la politique du logement à mener, mais quoi qu’il en soit les mesures dédiées aux jeunes ne sont pas à la hauteur de l’enjeu !

Les candidats se séparent nettement en deux groupes concernant le thème du logement, même si tous entendent se saisir de la question de la caution et de la garantie des risques locatifs :

- D’une part ceux qui souhaitent faire de l’accession à la propriété le cœur de leur politique du logement (Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen, avec pour ce dernier la préférence nationale), à travers une meilleure rentabilité des dispositifs fiscaux (CEL, PEL), et pour l’UMP, la vente de logements HLM à leur locataire (40.000/an) et la déduction des intérêts d’un emprunt immobilier dans le calcul de l’impôt sur le revenu.

- D’autre part, l’autre famille de candidates et candidats souhaite agir sur l’offre de logement (Marie-George Buffet, Ségolène Royal, François Bayrou, Olivier Besancenot, Dominique Voynet). Plan de construction massive pour le PS, le PC (120.000/an) et les Verts (200.000/an), sanctions accrues pour non respect de la loi SRU (PS-PC-UDF-Verts), imposition d’une part de logements sociaux dans les constructions nouvelles (UDF), et mise en place d’un bouclier logement limitant les dépenses des ménages consacrées au logement (PS-PC).

 

En revanche, les propositions spécifiques permettant aux jeunes de se loger avec dignité ne sont pas légion.

Le FN, l’UDF, les Verts, LCR/LO ne proposent que des mesures visant l’ensemble de la population. L’UMP s’est déclaré très récemment pour un plan en faveur de la création de « logements étudiants modernes », sans en préciser les modalités. Léger mieux au PS avec comme objectif « l’augmentation massive du volume des hébergements réservés aux jeunes travailleurs et étudiants », mais avec la même imprécision. En dehors du PC, qui réserve une part spécifique de son plan d’urgence pour le logement aux jeunes et aux étudiants dans le cadre de sa loi d’orientation pour un engagement national en faveur de la jeunesse, les politiques publiques du logement ne répondent que faiblement à cette problématique.

 

Tableaux : les propositions phares des principaux candidats de gauche 20070420_Analyse_-_Logement-PdA_TG.2.doc et de droite 20070420_Analyse_-_Logement-PdA_TD.2.doc. N'hésitez pas à nous faire parvenir vos commentaires et compléments sur le blog http://actenses.blogspirit.com ou à reactions@actenses.com.

Note importante : ce document est strictement indicatif. actenses s’appuie sur les programmes et les déclarations, ainsi que les réponses que nous avons reçues de certains candidats, sans préjuger de leur respect en cas d’élection. Au vu du nombre de propositions, de thèmes et de candidats, cette analyse ne peut prétendre à l’exhaustivité. Référez-vous aux programmes des candidats, notamment aux pages mentionnées dans les tableaux, pour une vision complète, ainsi qu'au site www.lemonde.fr. Faites-nous part de vos commentaires ou ajouts à reactions@actenses.com ou sur ce blog. Ni actenses, ni ses responsables ou membres, ni les auteurs de neuvent être tenus responsables de l'incompléture ou inexactitude des informations disponibles sur ce site.